Affichage des articles dont le libellé est Letters. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Letters. Afficher tous les articles

vendredi 21 août 2026

Letter #007

Les vagues vont et viennent. 

Les oiseaux émigrent et reviennent.

Le soleil se couche et se lève, inlassablement, chaque jour, en cycle dans un même mouvement. 

Il y a certaines personnes qu'on ne croise qu'une fois, d'autres deux, d'autres encore et encore, et certaines jamais. 

Les au revoir ne sont qu'une formalité. On a parfois le temps d'en donner, pas toujours. 

Il y a cette personne. Celle dont on sait que notre chemin ne recroisera plus. Alors, on se prépare. Les adieux ne ressemblent pas à ce que l'on avait imaginé. Ils y ressemblent. En vérité, on essaie juste de gagner un peu de temps, juste un peu. De rallonger le sentier d'une pierre ou deux, trois si possible. 

La fin est inévitable. 

Alors, sans surprise, on se perd de vue. 

Nos silhouettes s'éloignent inéluctablement l'une de l'autre. S'effacent dans le lointain et Dieu seul sait à quel point j'ai forcé, à quel point j'ai repoussé mes limites pour voir au-delà de ce que mes yeux permettent. Loin au-delà de la carte.

Puis un jour, nos deux routes se recroisent de nouveau. Brièvement, parce qu'elles n'ont pas les mêmes destinations.

Ton image est douloureuse, réjouissante, mais douloureuse. Insupportable, mais pas plus que de se rendre compte qu'une part de toi était, depuis tout ce temps, restée avec moi. Une part que je pensais détruite était en fait intacte à mes pieds. J'ai shooté dedans, mais rien à faire, elle roule et continue de revenir à moi sans aucune égratignure, voire plus brillante. 

Elle m'aveugle et me renvoie à une époque qui n'est plus. Me replonge dans ton souvenir, près d'une version de toi qui n'existe plus. Une version de nous figée et perdue dans le temps. Celle qu'on ne recroisera plus. Dont on apercevra les vestiges quelques fois. Des décombres seulement, juste des décombres et ce sillage à l'odeur si singulière. 

Alors, je fais tout pour que mon chemin ne retrouve jamais le tien. 





22/08/2026

XOXO, by Chxrmx,

jeudi 13 août 2026

Letter #006

J'ai peur.

La page blanche me terrifie. Pourtant, elle m'obsède. Elle m'obsède et je ne peux pas m'empêcher de l'admirer. Elle est lisse et d'un blanc immaculé. Elle est parfaite. 

Parfaite. 

C'est pourquoi elle est irrécupérable et que je n'ose pas la souiller avec un seul coup de crayon, parce qu'elle perdrait toute sa valeur. Alors, je la regarde. Longuement, soucieuse. Elle m'aspire dans un torrent et j'en oublie la notion du temps. Elle est un monde invisible dans lequel mille et une vies courent, mille et une possibilités trottent au rythme des vagues, et tous se font engloutir parce qu'aucune n'existe entièrement, et qu'elles subsisteront malgré tout, noyée sous l'opaline opaque et translucide. 

C'est l'infini.  

Une blancheur éternelle qui ne connait ni commencement ni fin. 

Mais qui ternira, soyez-en sûr. 




13/08/2026,

XOXO, by Chxrmx,

mardi 4 août 2026

Letter #005

 

Et puis, quoi que tu fasses, tu ne seras jamais assez. 

Toi, tu dois essayer plus fort que tout le monde parce que, étrangement, les mêmes règles ne s'appliquent pas à toi. Des règles simples et universelles. Des normes dans la société que tu vas suivre comme tout le monde, sauf que, toi, tu n'es pas tout le monde, alors ça ne passe pas. 

Tu dois essayer plus fort, mais sans aucune raison apparente. 

Parce que tu es toi, et ce que c'est embarrassant d'être dans ta peau. C'est pourquoi les règles ne s'appliquent pas à toi, ce serait d'autant plus gênant. 

Tu dois essayer plus fort. On ne te le demande pas, on te l'impose. Et si tu as le malheur de faire ta forte tête parce que, eh bien, tu es humain et que les goûts et les couleurs sont propres à chacun, on te suppliera. On te suppliera si fort que jamais tu ne comprendras quel est le problème. Parce que... pourquoi ne puis-je même pas préférer ce style à un autre ? Pourquoi ce que fait tout le monde serait étrange sur moi ? Pourquoi doit-elle absolument tout décider ? 

Pourquoi ne peut-elle pas m'accepter comme je suis ? 

Parce que, dans le fond, toi, tu t'en fiches, et que tu sais également que le monde se fiche de toi. Il ne prend pas la peine de te pointer du doigt, au contraire. En fait, tu t'y fonds assez bien pour quelqu'un d'inadapté. Tu sais, quelqu'un que personne ne veut approcher et qu'on juge en permanence. 

En vérité, vous ne parlez pas du même monde. 

Le monde, c'est elle, et uniquement elle. Elle est la seule à te pointer du doigt. La seule que tu dégoûtes. 

Tu. La. Dégoûtes

Mais contrairement au monde, l'autre, elle a un pouvoir sur toi, une autorité. Alors, tu ne seras jamais tranquille tant que tu ne rentreras pas parfaitement dans son moule.

Mais toi, t'es une forte tête. T'es irrationnelle, et c'est pourquoi tu refuses de te briser en mille morceaux pour entrer dans un vase trop petit pour toi. 

Parce que c'est ça, tu es trop, et personne ne peut le supporter. 

Elle ne le supporte pas et tout le monde est de son côté. 

Alors, en plus d'être trop, tu es seule. Seule et minuscule parce que ta conscience refuse de s'effacer. 

Pourtant, tu as tout essayé. Tu as toujours bien fait ce qu'on te disait, quitte à tout refouler et à mentir un peu. Tout ça pour la satisfaire. 

Mais faut croire que tu n'aurais pas dû essayer aussi fort, puisque, quoi que tu fasses, tu ne seras jamais assez.




04/08/2026,

XOXO, by Chxrmx,

mardi 28 juillet 2026

Letter #004

 Je déteste le bruit. 

Les grincements de portes, le vent qui frappe contre la fenêtre, le tapotements de doigts contre un écran, les respirations trop fortes, les discussions veines, les voix horripilantes, les cœurs qui s'entrechoquent et les mots qui les réduisent à néants. 

Je déteste le bruit. Le timbre singulier d'émotions qui prennent trop de place. 

Je le déteste parce que, ma musique à moi, je n'ai jamais été autorisée à la jouer. Elle n'a jamais été écoutée. Entendue parfois, comprise jamais. On l'a étouffée, quand bien même j'étais assez prudente pour ne pas la jouer trop fort. Quand bien même, je me suis toujours assurée à ce qu'elle ne surplomb pas le rythme des autres. 

Pourtant, leurs fanfares à eux n'ont aucunes règles. Elles remplissent des pièces et des bâtiments entiers. Elles te suivent par échos, t'oppressent où que tu ailles et t'empêchent de respirer. 

Elles t'asphyxient et, souvent, tu n'en ressors pas indemne. Tu n'en ressors pas du tout. 

Avec le temps, je crois qu'on finit par s'y habituer. On ne sait plus où elles commencent ni où elles finissent. On ne les entend plus. Ou plutôt, on ne les écoute plus ? Je ne sais pas. J'entends des chansons sans paroles, parfois les connait déjà avant même de reconnaitre le tempo.

Tout ce dont je suis sûre est que je les ai pourtant bien vu, se tirer les cheveux et s'attraper par le col, se lancer des mots difformes et l'air les a absorbés en entiers comme s'il était inenvisageable de n'en laisser ne serait-ce qu'un seul s'échapper.

Je les ai vu et pourtant, tout s'est passé très calmement, sans m'infliger aucun dégât.

Il y en a une de bulle qu'est restée intacte. Elle s'est immiscée en moi sans violence, contrairement à toutes les autres qu'ont explosé dans un éclat sourd et brut que je n'ai ni senti ni entendu.

Le monde ne fait plus de bruit et je ne parviens pas à le comprendre. Je ne sais pas si je suis devenue sourde ou s'il est devenu muet, peut être les deux. Mais ce qui est indéniable est que je reste en marge de celui-ci et qu'il ne m'atteint plus. 

Lui aussi a du prendre de la morphine. 

Lui comme moi avons été anesthésiés.

La différence est que son orchestre à lui n'a jamais cessé de jouer.



28.07.2026

XOXO, by Chxrmx,

lundi 27 juillet 2026

Letter #003

Je n'ai jamais su offrir mon cœur. 

Ou je ne sais plus comment le faire. 

Après tout, il est difficile de réellement croire en quelque chose de si fragile, de pourtant si vital, quand l'évidence même n'a pas su le cultiver. Quand elle l'a écrasé comme si de rien n'était, alors que tu ne pouvais pas encore te porter par toi-même. 

Pourtant, j'en ai lu et même imaginé des histoires d'amours, des centaines, magnifiques et déchirantes. Mais dans les faits, je ne crois pas qu'un sentiment aussi fort puisse exister, pas ici du moins. 

Et j'ai beau me persuader du contraire, parce que j'en ai vu des gens tomber amoureux, j'en ai vu des gens aimer leur famille comme une extension de leur propre corps, rien à faire, mon cœur à moi refuse de se laisser bercer d'illusions.

Il a longtemps été anesthésié. Si fort que j'ai longtemps vécu comme une ombre, un fantôme dans ma propre vie, parce que jamais rien, ni joie ni colère, ne m'atteignait. J'ai vécu avec un trou béant dans la poitrine, pas de cœur battant, pas d'organe fonctionnel. Seulement les restes d'un corps robotique dont les membres grincent et peinent à se mettre en mouvement. Un corps qui ne peut différencier le froid de la neige de la chaleur des rayons du soleil. 

Un état étrange qui me hante, dont je peine à réellement me souvenir, mais dont je n'oublierai jamais aucun détail, même le plus insignifiant. 

Un jour, j'ai rencontré quelqu'un. Enfin, je le connaissais depuis longtemps, mais c'était la première fois que l'on se parlait. Qu'il me parlait, parce que, moi, je ne parle pas, non. C'était la première fois que nos regards se croisaient —  pas qu'ils se croisaient pour la première fois, mais plutôt qu'ils s'accrochèrent l'un à l'autre. C'était la première fois que l'on s'arrêtait et que l'on se voyait vraiment. Ce n'est que là que je l'ai réellement identifié, parce qu'avant ça, il n'était qu'une tache que je reconnaissais de loin, une silhouette que j'avais l'habitude de croiser mais dont j'ignorais tout de l'existence.

Il m'a dit une chose que je ne peux pas oublier, parce qu'il l'a souvent répétée par la suite. 

"Tu ne vis pas." 

Je le savais. Je l'ai toujours su et j'ai dû l'écrire quelque part, mais ce qui me retient, c'est : comment quelqu'un de l'extérieur a-t-il pu ne serait-ce que le remarquer ? La première chose que je me suis demandée c'est : mais qu'est-ce que ça peut lui faire ? 

Parfois, je me dis que si je ne l'avais pas regardé dans les yeux ce jour-là, il n'aurait sûrement pas été aussi insistant par la suite, parce qu'il ne m'a plus lâchée d'une semelle malgré toutes mes tentatives pour l'éviter. Le plus surprenant, c'est que je me suis surprise à, une ou deux fois, revenir vers lui, de moi-même, sans qu'il n'ait eu à me menacer juste avant.

C'est étrange comme les relations fonctionnent, parce qu'aujourd'hui, je n'ai pas envie de lui adresser la parole, mais il reste malgré tout mon plus proche ami, celui qui s'est créé sa propre place, même s'il m'arrive de l'éviter encore.

Je ne sais toujours pas offrir mon cœur, et je refuse que quiconque me confie le sien. Mais il arrive que des relations platoniques vous trouvent et vous touchent plus fort que vous ne l'auriez jamais cru. 

J'aimerais bien apprendre à aimer pleinement, sans barrières, accepter les joies et les peines, sans redouter les fins, parce que celle-ci est inéluctable, ça, je le sais bien. Mais je ne suis pas obligée de la forcer parce que je sais qu'elle arrivera, qu'importe le temps qu'elle prend. Alors, j'attends et y suis déjà préparée. 

Parce que l'éternité n'aurait aucun sens sans épilogue.




27/07/2026

XOXO, by Chxrmx,

samedi 25 juillet 2026

Letter #002

 

Les mots ne me viennent plus. 

C'est étrange, parce que je les vois, tous, au fond de mon esprit, mais aucun ne sort, comme si, dans les faits, j'utilisais un tout autre langage. 

J'ai tant à dire, tant à partager et, wow, Dieu seul sait à quel point j'en ai des questions à poser, des choses à savoir. Mais rien ne sort. Les mots restent bloqués, non pas au fond de ma gorge, mais quelque part dans le néant, dans le fond de ma pensée, et je les oublie presque instantanément. Pas parce que je suis incapable de parler, mais parce que le monde tourne à une vitesse qui m'échappe et que je n'ai aucun contrôle sur mon corps. J'oublie de bouger, de remuer les lèvres, alors je vis des centaines de vies et de discussions dans ma tête, incapable de m'ancrer dans le réel.

Je réfléchis trop. 

Pas par angoisse, mais bien parce que j'ai conscience de fonctionner différemment. Je veux d'abord savoir ce qui t'a forgé en tant qu'être humain avant de te demander quel âge tu as. Je ne veux pas parler de la pluie et du beau temps, ni des soldes et des examens. Je ne veux pas remplir le silence de banalités futiles et éphémères. Au contraire, ce silence, laissons- le vide. Je veux d'abord toucher aux choses gardées secrètes, celles que l'on cache et qu'on évite d'aborder. Déterrons- les d'abords et seulement après,  les averses et les nuages feront sens.


25/07/2026

XOXO, by Chxrmx,

samedi 18 juillet 2026

Letter #001

 J'ai toujours voulu être numéro une.

Première de classe, première à la course, première d'un stupide concours de mathématique.

 Plus que d'être première, je voulais être la meilleure. La meilleure élève, la meilleure des filles, la meilleure en dessin. Je voulais être spéciale, inégalable. Parfaite et ce dans tous les domaines. 

Je crois que j'y étais presque. J'ai longtemps été première de ma classe, il fut un temps. On m'a longtemps acclamée pour diverses raisons. J'étais celle qui courrait le plus vite, la dernière encore debout à la balle au prisonnier sans bouger le petit doigt, celle qui pouvait tout faire. 

J'étais celle-là, mais je n'étais pas reconnue, alors ces titres n'ont en réalité jamais eu aucune valeur. 

J'étais la fille du milieu, celle dont on oublie le nom, celle qu'on ne félicite qu'à moitié. 

J'étais spéciale, c'est vrai. L'intello, la bigleuse, la timide, la muette, la fille bizarre, celle en dehors qui n'a pas l'air de faire partie de la famille. "Pourquoi t'es pas comme ta sœur ?" Oh Dieu combien j'ai entendu cette phrase et pourtant ça n'a jamais été pour me comparer à mes grandes sœurs. Non, à la petite, celle qui est venue après moi mais celle à laquelle j'aurais dû ressembler. D'après leur dire. Après tout, je n'en sais rien, je crois que je n'ai jamais su comment entrer dans le cercle. 

Plus le temps passe, et plus je me rends compte que les compliments ne m'ont jamais vraiment fait plaisir. Pourquoi devrais-je être satisfaite voire fière de ce que tu me dis là ? Dans les faits, je ne crois pas que ça n'ait jamais été une bonne chose. Parce que pourquoi j'ai eu l'impression que ça signifiait que j'étais cassée ?

Quand j'étais en troisième, ma professeure d'anglais a lu par hasard mon journal autobiographique, le devoir le plus relou et amusant que je n'ai jamais réalisé qui traînait ce jour-ci sur le bureau de ma prof de français, parce que je le lui avais réclamé la veille. C'était la fin de l'année, je sortais de ma dernière épreuve écrite du brevet. Je l'ai croisé dans le couloir avant de partir et elle m'a avoué l'avoir lu. Elle m'a dit une chose et je n'aurais jamais cru porter ses mots encore aujourd'hui. 

Elle a dit qu'elle avait aimé, qu'elle avait ri aussi mais surtout que je devais quoiqu'il arrive continuer à écrire.

Evidemment, que j'ai arrêté, parce que la vie m'a englouti. 

Pourtant, l'écriture est une buée, mon assurance, le fil sur lequel je marche, mais il faut croire que rien ne peut battre la morosité du monde extérieur. De mon monde. Celui qui ne me laisse pas le choix, celui dont je ne peut me défaire. Mais il en existe un autre de monde. Mon monde, le mien. Celui dont je ne peux me défaire, celui qui cesse de tourner quand je ne suis plus de la partie.

Alors, voilà pourquoi je continue d'écrire aujourd'hui. 

Parce que 18 ans je n'ai jamais cru une seule fois atteindre et wow, moi qui pensais avoir un bon instinct m'était trompée. Parce qu'il me faut un plan B, peut-être C et D, et que je refuse de laisser cette année être comme toutes les autres. Alors, je m'accroche. Je m'accroche aux mots et aux lettres, mais aussi à tout ce que je peux. Les courbes et les couleurs, les sons et les notes, les plis et la matière, les paraboles et mon espérance. 




18/07/2026

 XOXO by Chxrmx,


Letter #007

Les vagues vont et viennent.  Les oiseaux émigrent et reviennent. Le soleil se couche et se lève, inlassablement, chaque jour, en cycle dans...